Giorgio Agamben: La costituzione tunisina e I suoi rischi. Appello ai giovani tunisini

| 15 Luglio 2012 | Comments (0)

 

Emma Jeblaoui e Khaoula Rachidi, invitate a Bologna dalla Fondazione per le scienze religiose Giovanni XXIII e dal Centro Cabral hanno inviato alla redazione di Inchiesta questo testo di Giorgio Agamben, scritto nel giugno 2012 che è stato molto apprezzato tra gli intellettuali tunisini

L’une des possibles façons de considérer la révolution tunisienne est de voir en elle l’apparition soudaine d’un nouveau pouvoir constituant qui, après une période de conflits et de luttes, aboutit à la rédaction d’une nouvelle constitution . Or l’histoire enseigne que c’est précisément dans cette phase de transition d’un pouvoir constituant à un pouvoir constitué que se cache le danger que le pouvoir constituant soit confisqué au profit des intérêts qui visent justement à neutraliser les conséquences du processus révolutionnaire. C’est pourquoi la rédaction de la constitution est un moment décisif, où il faut que ceux qui incarnent le pouvoir constituant -et tout spécialement les jeunes et les étudiants- gardent leur lucidité et leur vigilance.

Le choix du modèle occidentale des démocraties représentatives s’est imposé en Tunisie comme allant de soi. Or nous savons parfaitement qu’en Europe ce modèle connaît une crise grave, qui a fini par étouffer toute vie politique . Car ce qui s’est passé dans les constitutions occidentales dites démocratiques c’est que le pouvoir constituant est entièrement disparu dans le pouvoir constitué. Ainsi le contrôle des partis sur les candidatures joint à l’irrévocabilité des élus réduit la participation réelle à la vie politique à l’instant du suffrage, qui devient de plus en plus l’équivalent d’un sondage . D’autre part, l’évolution des parlements en occident fait qu’au lieu d’être le siège du pouvoir souverain, ils finissent le plus souvent par ratifier des décrets et des mesures d’urgence prises par l’exécutif. La manipulation de l’opinion par les media achève ce processus de dépolitisation, où aucune trace d’un pouvoir constituant n’est conservé.

En tant qu’européen, je ne peux qu’espérer que la nouvelle constitution tunisienne tire sa leçon de la faillite de ce système . Il est évident qu’un pouvoir constituant ne saurait subsister en tant que tel dans les institutions du pouvoir constitué. Mais le texte de la constitution peut prévoir des lieux qui marquent de quelque façon l’excès du pouvoir constituant sur le constitué, par exemple en permettant la révocation des élus de la part des électeurs et le referendum populaire pour abroger des loi (tel qu’il existe dans la constitution italienne). Il est surtout nécessaire de mettre en question le monopole des partis- qui tendent inévitablement à se transformer en machines purement électorales- sur la vie politique. La constitution pourrait ainsi reconnaître et définir le rôle politique des autres organisations émanant de la société civile, telles forum des étudiants et les associations.

Il est clair en tout cas qu’il revient aux tunisiens, aux étudiants et aux jeunes qui ont été en première ligne dans la révolution de trouver dans leur propre tradition culturelle et religieuse les ressources pour imaginer une constitution qui ne soit pas simplement calquée sur le modèle européen. Car il faut que les tunisiens sachent que ce qui se passe à présent dans leur pays pourrait avoir une influence décisive sur une Europe qui , livrée au pouvoir du capitalisme phynancier, semble avoir perdu jusqu’à la mémoire de ce que c’est qu’une vie politique.

 

 

 

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Category: Osservatorio internazionale

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